spectacle : Ah mon amour

Synopsis

Une famille normale. Ou disons plutôt dans la norme. En apparence en tous cas. C’est le jour où Gaëlle fête ses douze ans. Ses parents, Xavier et Yvette, ont convié ce qui leur reste de famille (une sœur pansexuelle et militante LGBTQIA+, un oncle érudit et alcoolique, un frère macho et réactionnaire, une sœur bigote et botaniste) pour ce qu’ils croient être une fête d’anniversaire. Mais ce qu’ont préparé les parents de Gaëlle se révèle tout autre. Il va falloir que tout le monde s’accroche à sa chaise car rien ne sera plus jamais comme avant. Les révélations fusent, les masques tombent, les vernis s’écaillent. Et à chacun.e, il sera demandé, au final, de trancher (c’est le cas de le dire) dans le vif du sujet.

 

« Les Variations Silencieuses », un spectacle kaléidoscopique et documenté sur l’intersexuation et l’autodétermination. Soyeux et incisif, tendre et musclé, couillu et ovarien, il dégenre nos préjugés à coups d’idées reçues (mais pas que) et dégomme nos idées reçues à coups de préjugés (mais pas que). La comédienne, seule en scène, donne vie à cette famille politiquement banale et pathétiquement drôle pour nous aider à entrevoir celles et ceux que l’on cache derrière les apparences de la normalité, pour nous donner à entendre la parole – vraie ou poétique – de ceulles que l’on a trop longtemps contraint.e.s à se taire.

Encore peu ou mal connue, la question de l’intersexuation concerne 1,7% de la population et sa méconnaissance génère souffrances et discriminations. La Cie Ah Mon Amour ! propose 90 minutes théâtralement haletantes pour tenter de comprendre le vécu et les revendications des personnes concernées et dénoncer les mutilations et traitements souvent inutiles et irréversibles pratiqués encore trop souvent aujourd’hui, parfois sur de tout jeunes enfants.

 

Durée : 1h20

Public : à partir de 14 ans

Catalogue « Art et Vie » : 1890-33

 

Partenaires de création : 

      
           

 

Carte interactive de tournée (dates bleues) :


Distribution

Conception | Geneviève Voisin
Interprétation (en alternance) | Marie Luçon ou Geneviève Voisin
Écriture | Isabelle Wéry, Francesco Mormino, Marie Luçon et Geneviève Voisin
Mise en scène | Marie Luçon et Geneviève Voisin
Avec l’aide précieuse de | Carina Bonan et Sara Selma Dolores
Voix off de Gaëlle | Lya Muradyan
Expert sur les questions intersexes | Londé Ngosso (Genres Pluriels)
Scénographie | Aurélie Deloche et Chloé Jacqmotte
Construction des décors | Rudi Bovy, l’atelier Callahan, Daniel Voisin et Mecarudi
Réalisation des costumes et accessoires | Bernadette Roderbourg
Création musicale (inspirée des Variations de Goldberg) | Piotr Paluch
Montage son des témoignages | Luna Gillet
Musique | Extraits des Variations de Goldberg de JS Bach interprétés par Glenn Gould
Création Lumières | Martin Delval
Régie | Benoît Vanderyse et Nicolas Poels
Diffusion | Jorge Rojas
Communication | Aki Collette
Comptabilité et administration | Bernadette Roderbourg

Une production de la Cie Ah mon Amour !

EN PARTENARIAT avec Genres Pluriels

AVEC L’AIDE du Service des Arts Forains, du Cirque et de la Rue et du Service de la diffusion de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Loterie Nationale ainsi que du Centre culturel de Verviers.

AVEC LE SOUTIEN du Centre culturel Archipel 19, du Centre culturel de Bièvre, du Centre culturel Action-Sud (Viroinval), du Centre culturel de Waremme (Passage 9), du Centre culturel Escale du Nord (Anderlecht), de Picardie Laïque, du Théâtre des Rues (Cuesmes), des Maisons de la Laïcité de Tournai et de Mons, de la Maison Arc-En-Ciel de Mons, du Centre d’Action Laïque de la Province de Liège et de la Roseraie (Uccle).

REMERCIEMENTS à Jean Coërs, Frédéric Brugeilles, Claudine Heinrichs, Sandra Vincent, Hélène Pirenne, toutes les personnes intersexes qui ont nourri le spectacle de leurs précieux témoignages, Intersexe Belgium et Mecarudi


Teaser


Mots des programmateurs

« Vous pouvez vous féliciter d’avoir réussi à écrire, monter et interpréter une belle pièce, toute en délicatesse et en subtilité, pour traiter de sujets encore bien trop peu connus. C’est d’utilité publique. » (Maison Arc-en-Ciel de Liège)

« La pièce est bien réalisée reprenant les différentes étapes et les explications sont réelles que ce soit sur le ressenti parental et familial qui culpabilise les parents, les étapes administratives, médicales et les lois belges. (…) Belle interprétation. » (Maison Arc-en-Ciel de la Province de Luxembourg)

« Formidable jeu d’actrice ! Je trouve que la thématique est traitée de manière claire, complète, humoristique et originale. En tout cas, je vous souhaite bonne continuation et succès avec ce spectacle d’utilité publique pour faire connaître et mieux comprendre une problématique encore trop méconnue. » (Jacqueline Slepsow, Centre d’Action Laïque de Liège)


La presse en parle

ACCUEIL CULTURE SCÈNES
Aux Rencontres de Théâtre jeune Public «Les Variations silencieuses» brisent le tabou des enfants intersexes
Parmi les rares spectacles pour ados programmés aux Rencontres de Théâtre jeune Public, on trouve un spectacle puissant, instructif et drôle sur une réalité méconnue du grand public : l’intersexuation. Et les mutilations qui en découlent encore aujourd’hui. En tournée partout en Belgique.
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Critique –
Par Catherine Makereel
Publié le 19/08/2022 à 17:54 Temps de lecture: 4 min
****
Pour beaucoup, c’est une lettre, le I, dans l’acronyme LGBTQIA+. Mais, pour les concernés, ceux que l’on nomme maladroitement les intersexes (et qui représentent 1,7 % de la population), c’est une réalité souvent synonyme de méconnaissance, préjugés, traitements abusifs, voire mutilations génitales. Prompte à s’emparer de sujets sensibles – dans le formidable Colon(ial)oscopie , elle n’hésitait pas à trifouiller les boyaux du passé colonial de la Belgique – Geneviève Voisin se penche cette fois sur l’autodétermination des personnes nées avec des caractères sexuels qui ne correspondent pas aux définitions binaires types des corps masculins ou féminins.
On peut dire qu’elle a des couilles. Car, oui !, une femme peut avoir des testicules, c’est même tout le propos de ces Variations silencieuses (dès 15 ans), qui ont fait forte impression, vendredi, aux Rencontres de Huy. Seule en scène, la comédienne désamorce le sujet comme on dégoupillerait des gonades, faisant jaillir non pas des gamètes mais des éclats de rire. Avec une autodérision désarmante, elle jongle habilement avec des témoignages poignants tout en donnant vie à une famille fictionnelle, désarmée devant les questions que soulève la jeune Gaëlle, née de sexe indéterminée, assignée fille par ses parents mais développant des caractéristiques jugées plutôt masculines au seuil de la puberté. Elle aime autant le hip-hop que l’ikebana (art floral japonais) et, pour l’anniversaire de ses 12 ans, gravitent autour d’elle un père et une mère à côté de la plaque, un oncle macho, une tante tendance grenouille de bénitier, et une autre tante heureusement plus progressiste.
Des séquelles irréversibles
Puisque Gaëlle s’est réfugiée dans un mutisme têtu, la famille doit trancher entre le père, qui voudrait opérer Gaëlle pour qu’elle reste une fille, et la mère, qui veut épargner à sa fille une boucherie chirurgicale, qu’elle illustre d’ailleurs dans une scène savoureusement décalée, sur une table de cuisine, avec un chapon méthodiquement éviscéré. En plus de jouer tous ces personnages avec une gouaille phénoménale, Geneviève Voisin débroussaille le sujet, rappelle la différence entre sexe, genre et orientation sexuelle, invite à ne pas confondre intersexes et transgenres, pointe les failles de la langue française qui manque de pronom adéquat pour ceux qui ne sont ni il ni elle, mais déborde par contre de mots oppressants comme syndrome, pathologie, trouble, anomalie, pour ce qui n’est finalement qu’une variation naturelle du corps et de ses caractères sexuels.
Sous le patronage d’Adam et Eve, et à l’ombre de l’arbre de la connaissance où ne pendent pas des fruits défendus mais des chromosomes en pagaille, Geneviève Voisin nous fait entendre aussi des récits de personnes dites intersexes qui racontent leur parcours, leur sentiment de honte, les commentaires blessants, l’incompréhension des familles, l’acharnement médical, les traitements inutiles ou foireux, les opérations présentées comme des « corrections » mais qui laissent des séquelles irréversibles, le plus souvent au nom de la norme esthétique. Le spectacle de la Cie Ah mon Amour réussit là une véritable prouesse : dérouler une forme légère, souvent même désopilante, afin de décrisper la société sur un sujet à la fois universel et intime. « C’est comme si j’avais pondu un œuf carré, dira Gaëlle. Mais, moi, j’aime les œufs carrés. Je ne me sens ni beau ni belle mais beauté. Je ne me sens ni gentil ni gentille mais gentillesse. Qu’importe mon corps, mon existence est si grande, colorée, imprévisible, fichez-moi la paix ! » Tout est dit !
Le 18/10 au C.C. de Viroinval. Le 8/11 au C.C. de Seraing. Le 17/11 au Delta, Namur. Mais aussi à Mons, La Louvière, Gembloux, Amay, Wavre, Ittre, Liège, Bastogne, Nassogne, Dison, Rochefort. www.cie-ahmonamour.com.


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